Niveau d'étude
Master 1
Composante(s)
UFR des Sciences humaines et sociales
Volume horaire
36h
Période de l'année
Semestre 1
Description
Cet enseignement constitue une introduction à l’étude des processus sociaux qui produisent et encadrent les modes de gestion de la santé et de la maladie dans nos sociétés contemporaines. Il propose des approches variées (démographiques, historiques, sociologiques et anthropologiques) de la manière dont les individus, les groupes sociaux et les sociétés dans leur ensemble font face à la maladie et produisent des normes et dispositifs de santé.
Il se décompose en deux cours de 18h chacun.
• Enjeux politiques, médicaux et sociaux des épidémies (18h)
Ce cours propose une initiation aux enjeux politiques, médicaux et sociaux des épidémies, abordées comme des moments privilégiés pour comprendre l’histoire de la santé publique. À travers une approche chronologique et thématique, il analyse la manière dont les sociétés ont identifié, interprété et gouverné les maladies infectieuses à l’échelle des populations. Les grandes épidémies qui ont marqué cette histoire (lèpre, peste noire, choléra, variole, tuberculose, grippe, VIH/sida, Covid 19, etc.) sont étudiées non seulement comme des crises sanitaires, mais aussi comme des révélateurs des rapports de pouvoir, des inégalités sociales, des normes de genre et des héritages coloniaux. Elles permettent de suivre l’évolution des dispositifs de lutte et de surveillance : quarantaine, confinement, vaccination, hygiénisme, accès aux traitements, dépistage, épidémiologie ou réduction
des risques.
Le cours montre comment la gestion des épidémies a participé à la construction des institutions sanitaires de l’État, tout en suscitant résistances et controverses. Il interroge également des défis contemporains comme l’antibiorésistance, qui menace de rendre inopérants des traitements essentiels et rappelle que la lutte contre les maladies infectieuses demeure un enjeu collectif et politique. Il met enfin ces questions en perspective avec les enjeux actuels d’environnement, de justice sanitaire et d’accès aux soins. Il interroge les transformations récentes de la notion même d’épidémie : elle ne
désigne plus seulement un événement infectieux aigu et limité dans le temps mais permet aussi de penser la chronicisation de certaines infections ainsi que l’extension du vocabulaire épidémique à des maladies chroniques non infectieuses, telles que
le cancer, l’obésité ou le diabète. Ce cours invite à comprendre comment les sociétés définissent les risques et justifient, au nom de la santé collective, les mesures qu’elles prennent.
• L’expérience de la santé et de la maladie. Représentations profanes, contextes culturels et sociaux (18h)
Empruntant à différents travaux et perspectives théoriques (anthropologie de la santé, interactionnisme symbolique, approches en termes de classes sociales), ce cours introduit des outils et concepts pour formuler une approche sociologique des phénomènes de santé et de maladie. Nous mettrons en dialogue différentes manières de rendre compte de l’expérience de la santé et de la maladie, en réfléchissant aux liens entre postures théoriques, choix d’enquête et enjeux de méthode : quelle place donner au contexte social, à l’histoire des individus et à leurs différentes appartenances (familiale, professionnelle, amicale…) ? Comment « entrer sur le terrain » ? Comment accéder à l’expérience de personnes dont la capacité à parler pour elles est remise en question ? On s’appuiera sur des enquêtes empiriques et des exemples tirés de diverses expériences de la maladie (HIV, maladie mentale, cancer, maladie d’Alzheimer…).
Heures d'enseignement
- UE Sociologie thématique : SantéCours Magistral36h
Contrôle des connaissances
Contrôle continu (participation et devoirs sur table).
Informations complémentaires
Bibliographie :
Carricaburu D. & Ménoret M., Sociologie de la santé. Institutions, professions et maladies, Paris, Armand Colin, 2004.
Drulhe M. & Sicot F. (dir.), La Santé à cœur ouvert. Sociologie du bien-être, de la maladie et du soin, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 2011.
Dernière mise à jour le 17 septembre 2026


