ECTS
6 crédits
Volume horaire
48h
Période de l'année
Semestre 4
Description
ÉTHIQUE DU CONSENTEMENT (24h)
La modernité se flatte d’avoir substitué aux morales traditionnelles une norme formelle unique : le consentement individuel. Ce critère, censé garantir la légitimité des pratiques et des conduites, est aujourd’hui central dans des domaines aussi divers que la médecine, la sexualité ou le droit. Mais que vaut réellement cette norme ? Suffit-elle à elle seule pour départager le licite de l’illicite, le juste de l’injuste ?
Dans le champ médical, le principe de bienfaisance — autrefois prérogative du corps médical, supposé savoir ce qui est bon pour le patient — a été progressivement supplanté par le principe d’autonomie : il ne s’agit plus d’agir pour le bien du patient, mais de respecter sa capacité à définir lui-même ce bien, dans une logique d’auto-détermination.
Dans le champ de la sexualité, on observe un passage d’une morale substantielle (reposant sur des critères externes ou transcendants de légitimité) à une morale formelle, où la légitimité d’un acte résiderait uniquement dans le consentement mutuel entre les parties. Cette évolution soulève toutefois des questions essentielles : Le consentement suffit-il à fonder la légitimité d’un acte ? Dans quelles conditions peut-il être considéré comme libre, éclairé, valide ? Est-il toujours l’expression d’une véritable autonomie personnelle, ou peut-il masquer des formes de contrainte, de domination ou d’aliénation ?
À partir de textes philosophiques, d’analyses féministes contemporaines et de cas concrets (éthique médicale, sexualité, relations de pouvoir), ce cours se propose d’interroger la portée mais aussi les limites du consentement comme critère éthique moderne. Il s’agira de clarifier les liens complexes entre consentement, autonomie, liberté et dignité, et d’examiner les paradoxes qui surgissent lorsque le consentement devient une norme sociale généralisée.
COSMOPOLITISME EN TEMPS DIFFICILE (24h)
En cet âge de replis identitaires, que l’on a pu qualifier aussi comme celui d’une “grande régression” (Geiselberger, 2017), professer un cours sur le cosmopolitisme est une gageure tant cette posture semble étrangère à ce nouvel esprit du temps dominé par la peur de l’autre et par la tentation nationaliste, voire autoritaire. Sans nullement négliger cet aspect néo-obscurantiste du monde global, l’objectif est de tester la solidité d’un (néo)cosmopolitisme capable de : a) rendre compte de la “cosmopolitisation » (Beck, 2006) du monde sur le plan factuel (cosmopolitisme factuel) ; b) d’imaginer des alternatives et des avenirs possibles, fondés sur les droits humains, la citoyenneté et la démocratie cosmopolites (cosmopolitisme normatif ). C’est à une telle approche cosmopolite fondée sur les faits et capable d’engendrer des concepts nouveaux, à une telle théorie critique et morale que l’on peut assigner le double objectif de comprendre et de juger le monde contemporain.Bien que ce cours ne puisse être considéré comme un “manifeste cosmopolite”, car l’heure n’est plus aux enthousiasmes faciles, il est tout entier animé par la conviction profonde qu’il existe une communauté morale de l’humanité, en vertu de laquelle chacun, y compris dans sa différence spécifique, doit être compris comme l’égal d’Ego, comme un individu devant être pleinement respecté en raison de sa dignité d’être humain. Ce cours s’appuie tant sur une analyse d’une riche littérature international le sur le cosmopolitisme que sur des enquêtes de terrain.
Heures d'enseignement
- Morale et politiqueCours Magistral48h
Informations complémentaires
Dernière mise à jour le 17 septembre 2026


